2 Aujourd’hui, qu’elle en est la réalité ? Y a-t-il un décalage avec la représentation de départ ?

mardi 16 novembre 2010

François Mesmin, agent de développement au centre socio-culturel CAF de la Grâce de Dieu : Je pense que l’animation volontaire n’a fondamentalement pas changé. En revanche elle se confronte de plus en plus au monde de l’animation professionnelle qui elle a beaucoup évolué notamment depuis la période des emplois-jeunes. L’animation professionnelle est aujourd’hui reconnue dans la profession par les institutions partenaires et par les employeurs. Quand j’ai commencé à travailler, je croisais de nombreux professionnels devenus animateurs par expériences, par leur parcours professionnel et leur histoire de vie. Aujourd’hui, l’engagement professionnel me semble découler de plus en plus d’un choix personnel à long terme, un choix de formation : nous choisissons de suivre le parcours de professionnalisation pour devenir animateur. Cette reconnaissance me paraît en revanche plus floue chez le grand public. Sans doute parce-que le champ d’action est tellement large qu’il est plus difficile à définir pour le public extérieur. Encore aujourd’hui j’ai du mal à faire comprendre ce que je fais comme « boulot ».

Claire Chambellan, coordinatrice jeunesse Intercom Cabalor : Je me suis très vite rendue compte que « occuper » n’est pas le bon terme !!! C’est au delà de l’occupation, puisque l’on contribue à la construction de l’individu. L’animateur a un vrai rôle éducatif : l’animateur participe complètement à l’éducation de l’enfant, de manière informelle, c’est donc une vocation, un métier à proprement parler. Mais cela reste un métier difficilement valorisé : beaucoup d’investissement professionnel pour peu de reconnaissance.

Sylvie Tacoen, éducatrice spécialisée Acsea : Je ressens comme une difficulté à utiliser les ressources « primaires », notamment environnementales, un déficit de créativité (adaptation de grands jeux avec les « moyens du bord ») et une professionnalisation qui met à mal l’engagement et le volontariat.

Sylvie Skaza, directrice du centre sportive Normandie Pays d’Auge : La réalité a évolué, il s’agit d’activités qui se sont professionnalisées. J’ai suivi un des 1er DEFA avec les Francas à Port Mort en 1980. Depuis le secteur de l’animation s’est fortement développé avec la convention collective, en 1989. La professionnalisation a généré progressivement des changements de comportements .Le caractère « militant » du métier est devenu moins évident (horaires, statuts, salaires….) au risque parfois de ne plus répondre aux besoins des publics concernés (ex : structures fermées le week-end) ou d’adopter des discours stéréotypés. Un exemple : reprocher aux parents de ne pas s’occuper suffisamment de leurs enfants alors que le projet de la structure ne prévoie aucun axe de travail en direction des familles. Un autre exemple : croire que la richesse de l’offre d’activité est une réponse suffisante. Je revendique pour les jeunes le droit à ne rien faire. Au tout début de mon investissement dans l’animation, il était de bon ton d’organiser la journée du matin au soir. Je me souviens d’une intervention de Francine Best appelant notre vigilance sur l’activisme et nous rappelant qu’un enfant, plongé dans ses pensées, n’est pas forcément inactif.

Jean Huguet, conseiller municipal délégué à la jeunesse, Mairie de Mondeville : Ma vision et mon regard ont changé, je me suis mis au courant du métier d’animateur, j’ai appris à connaître le fonctionnement et l’organisation du service jeunesse.

Madame Devieilhe, Maire adjoint à Ifs, chargée des questions jeunesse : J’ai été moi-même animtrice, avec l’UNCMT, en 1974 ! (centre de loisirs de la ville de Bayeux à Ver-sur-Mer) Et en tant qu’éducatrice spécialisée, j’ai organisé des séjours de vacances pour des adolescents difficiles, de 74 à 85… Les règlements avaient déjà évolué à cette époque, vers plus de sécurité, moins de liberté, taux d’encadrement et surtout prise de congés, durée du temps de travail… (Nous partions alors pour deux semaines sans pause, comptées un mois !)

Isabelle Petitpas, directrice adjointe AMVD Caen : Peu après l’entrée en DEFA, je vois la possibilité de travailler sur des loisirs éducatifs, cela implique de poser des règles, un cadre, des perspectives. La diversité des publics, des territoires, des problématiques m’a amené à la recherche de sens. L’animation est devenue pour moi un outil de travail au service d’un projet et d’un public. Mon parcours en animation volontaire et en posture d’éducateur m’a permis d’avoir des exigences par rapport à l’animation. Aujourd’hui, le décalage est lié au public : Un public « standard », avec une approche plus ludique et légère, basée sur l’ouverture culturelle, le développement personnel, l’épanouissement et le bien être dans un rapport au monde. Un public « plus spécifique », avec une approche de prévention, d’intervention sociale, d’insertion sociale et professionnelle en relation avec le monde environnant. Les modes d’intervention sont différents ainsi que le contenu des projets.


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