9 Pensez vous que le contexte éducatif général aujourd’hui vous permet d’exercer « au mieux » votre métier d’animateur ? Vous permet-il de vous projeter dans un avenir proche ?

mardi 16 novembre 2010

François Mesmin, agent de développement au centre socio-culturel CAF de la Grâce de Dieu : Je note quand même, depuis une 15aine d’années, une évolution globalement positive dans les moyens et la professionnalisation du métier ; on lui donne des moyens d’exister – mêmes insuffisants. Mais selon les périodes (gouvernance politique), cette évolution est plus ou moins forte. Peut-être est-on sur une période moins favorable mais je ne suis pas inquiet sur l’avenir de l’animation. Je pense qu’aujourd’hui le champ de l’animation est largement reconnu comme étant « d’utilité sociale » et qu’on ne peut pas remettre en cause cela.

Claire Chambellan, coordinatrice jeunesse Intercom Cabalor : Non. Nous nous heurtons à des phénomènes de société (crise économique, capitalisme, média…) qui sont des facteurs qui rendent difficile notre métier. La politique prend aussi beaucoup de place sur les territoires d’intervention. Les aspects administratifs et de gestion du quotidien limitent les temps de réflexion sur le sens de nos actions. Le secteur de l’animation professionnelle a beaucoup évolué depuis quinze ans. Les demandes des publics également, et notre pratique s’en trouve complexifiée. La reconnaissance par les personnes nous entourant est difficile, élus, familles, partenaires sociaux et éducatifs. Il faut souvent justifier de nos interventions.

Mais j’éprouve toujours une aussi grande satisfaction lorsqu’un projet est mené à bien, ou lors de mes contacts avec les jeunes sur le terrain…

Sylvie Tacoen, éducatrice spécialisée Acsea : La projection dans un avenir devient difficile pour ne pas dire périlleuse … pour tout jeune animateur qui démarre … comme pour les « vieux » éducateurs ou acteurs de l’Education dont je fais partie … Ce qui me semble relever d’un certain privilège à pouvoir le vivre tout en ayant maintenant la question : « Oui mais pour combien de temps ? ». Eduquer devient un luxe … car le temps est aux résultats rapides et mesurables … alors que l’éducation est une construction silencieuse, lente et dont les effets ne sont justement palpables que lorsqu’ils ont fait défaut !

Syvie Skaza, directrice du centre sportive Normandie Pays d’Auge. A titre personnel j’ai des engagements militants. Participer à des groupes pour réfléchir, pour chercher de nouvelles pistes est pour moi un moteur de vie et de résistance .Les animateurs sont confrontés à de réelles difficultés dans l’exercice de leur métier parce que le contexte a profondément changé et génère beaucoup de violences de toute sorte. Certains animateurs peuvent avoir l’impression d’être inutiles. S’ils veulent continuer d’entretenir le lien social, ils ne doivent pas eux-mêmes rester isolés.

Jean Huguet, conseiller municipal délégué à la jeunesse, Mairie de Mondeville : Tout dépend du contexte, de l’environnement, de la population. Tout cela est lié au politique, la commune veut-elle travailler avec les agents sur un déroulement de carrière ? Nous sommes aujourd’hui dans un fonctionnement relativement cloisonné, aussi bien dans le public que dans le privé.

Madame Devieilhe, Maire adjoint à Ifs, chargée des questions jeunesse : Dans un sens, oui : toutes ces nouvelles fonctions, rôles, devoirs ont enrichi considérablement le métier, tout en le rendant plus contraignant. Dommage qu’il ne soit pas plus reconnu, financièrement par exemple, et que de nombreux jeunes qui se lancent doivent changer d’orientation vers une profession « plus sérieuse »

Isabelle Petitpas, directrice adjointe AMVD Caen : Le contexte éducatif n’est pas satisfaisant de par la complexité à mettre en synergie les acteurs concernés pour fournir un véritable travail opérationnel. Il y a un manque de lien, de transversalité d’un secteur à l’autre. A côté des moyens mis en place sur l’enfance et la jeunesse il y a nécessité d’en mettre autant sur le « public parent » pour le réinvestir dans son rôle d’éducateur. Il me semble urgent de lui redonner une place entière, avec l’accompagnement nécessaire. Dans ce domaine, des projets innovants et fédérateurs doivent être expérimentés avec le soutien et les moyens des institutions concernées (formation, ingénierie …).

L’animation est un véritable métier, fait de savoirs faire, de compétences, de connaissances, auxquels s’ajoute la nécessité de formation.


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 50875

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Archives "Label" et "Charte Qualité"  Suivre la vie du site Les Echos du Label   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.12 + AHUNTSIC

Creative Commons License